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Les activités scientifiques > Les méthodes d’évaluation > Ethanol : évaluation des risques

Evaluation des risques de l'éthanol

L’alcool contenu dans les boissons alcoolisées ou l’alcool à brûler sont des appellations familières d’une même molécule : l’éthanol. L’éthanol, ou alcool éthylique, fait partie de la famille des alcools et a pour formule chimique : C2H5OH

L’éthanol est très répandu tant dans les produits de consommation courante que dans les procédés industriels.

 La production d’éthanol

L'éthanol brut est majoritairement produit par fermentation directe du sucre naturel de la betterave et de céréales (blé, orges), ou bien issu de fruits et de canne à sucre pour la production de certaines boissons alcoolisées.

Le procédé de fermentation pour la production de vin (ou de bière) est connu depuis l'empire babylonien, dès 3000 av. J.-C.
La France produit à elle seule 32% des volumes d’éthanol produits annuellement en Europe.

 Les usages de l’éthanol

L'alcool éthylique est présent dans de très nombreux produits de consommation courante (produits d’entretien, nettoyants, lave vitre, détergents liquides, produits d’hygiène, cosmétiques, désinfectants, encres, peintures et vernis, arômes, alcool à brûler, dégivrant, …) comme :

 combustible (Le gouvernement français a lancé officiellement fin 2006 l'E85, un mélange de 85 % d'éthanol et de 15 % d'essence comme agrocarburant, disponible dans plusieurs centaines de stations de service depuis la fin de l'année 2007)

 solvant (procédés d’extraction en laboratoires et fabrication de peintures, vernis, encres, matières plastiques, adhésifs, explosifs, parfums, cosmétiques, industrie pharmaceutique, …). L’éthanol dissout particulièrement bien les graisses et de nombreuses matières plastiques.

 désinfectant

 matière première dans la synthèse de produits chimiques (production d’acide acétique, d’acrylate d’éthyle, d’acétate d’éthyle, des éthers de glycol, d’éthylamine, d’éthylène, d’éthers oxydes)

 Les dangers de l’éthanol

A ce jour, l’éthanol est avant tout redouté pour son inflammabilité. L’éthanol à 70% volumique, par exemple, peut s’enflammer au passage d’une flamme lorsqu’il est à une température de 21°C.

L’éthanol est également très volatil : ses vapeurs forment un mélange explosif avec l’air dans des proportions comprises entre 3,9% et 19% de vapeur d’éthanol dans l’atmosphère.

Cependant, nombre de consommateurs de boissons alcoolisées ont pu observer les effets de l’éthanol sur leur santé : nausées, vomissements, vertige voire paralysie respiratoire.

Au-delà des symptômes ébrieux constatés à court terme, la consommation excessive et régulière d’alcool s’est révélée dangereuse pour la santé à moyen ou long terme.

De fait, les toxicologues et les épidémiologistes ont acquis une bonne connaissance des effets et des mécanismes de l’éthanol par ingestion : cirrhose du foie, cancers, troubles du système nerveux, syndrome d'alcoolisation fœtale sont les pathologies les plus graves provoquées par la consommation excessive de boissons alcoolisées (INSERM, 2001).
Plus récemment, l’expertise collective de l’INSERM a confirmé que les femmes enceintes qui consomment régulièrement de l'alcool prennent le risque de perturber le développement psychomoteur de leur enfant.

Il est également reconnu que l'inhalation de vapeurs d’éthanol et le contact cutané peuvent être une source d’irritation locale.
Compte tenu de ces informations, l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), a déposé, en 2006, auprès de la commission européenne, une proposition de classification des dangers de l’éthanol tenant compte de son pouvoir cancérogène et reprotoxique.

 Résumé de la demande : la question posée à l’Afsset

Les risques de la consommation d’alcool par ingestion étant bien connus, les ministères en charge de la santé, de l’environnement et du travail ont demandé à l’Afsset d’évaluer les risques résultant d’une exposition par inhalation de vapeur d’éthanol et par contact avec la peau.

Ces voies d’exposition à l’éthanol sont caractéristiques des expositions professionnelles à l’éthanol, par exemple dans l’utilisation des produits hydro-alcooliques de friction pour la désinfection des mains très largement répandu chez les soignants.

Mais la population générale peut également être concernée par ces deux voies d’exposition notamment à travers l’emploi de produits de consommation courante contenant de l’éthanol : parfum, lave vitre…

L’enjeu de cette saisine est donc de définir si l’éthanol présente un risque pour la santé notamment en matière de reprotoxicité lorsque des personnes sont exposées par contact cutané et/ou par inhalation, à de faibles doses, dans le cadre de leur travail ou de leurs activités domestiques.

L’Afsset est donc chargée, pour chacune des voies d’exposition, aussi bien pour la population professionnelle que pour la population générale :

 d’évaluer les risques sanitaires ;
 d’envisager, si nécessaire, des mesures adéquates de réduction des risques ;
 d’identifier les possibilités de substitution de l’éthanol.

Méthode de travail :

L’évaluation des risques de l’éthanol a été prise en charge par le Comité d’Experts Spécialisés (CES) « Evaluation des risques liés aux substances chimiques » de l’Afsset.

Celui-ci a confié l’instruction de la saisine au groupe de travail «Evaluation des risques de l’éthanol », composé de dix experts toxicologues, médecins et chimistes.

Le groupe de travail a pour mandat de :

 réaliser une synthèse des effets sanitaires de l’éthanol

La synthèse des effets sanitaires porte prioritairement sur les effets de l’éthanol, à faible dose, pour les deux voies d’exposition, par inhalation et par contact cutané. Les données scientifiques disponibles pour la voie orale (c'est-à-dire pour une exposition résultant de l’ingestion) peuvent être utilisées à ces fins.

 identifier les filières et les usages de l’éthanol

Afin d’examiner les situations d’exposition à l’éthanol pour les populations professionnelle et générale, l’Afsset collecte des informations relatives aux filières de production de l’éthanol, aux activités professionnelles utilisant de l’éthanol et aux produits de consommation contenant de l’éthanol.

La production d’éthanol comprend la fabrication d’éthanol brut et l’élaboration de produits fermentés induisant la formation d’éthanol, comme le vin. La description de la filière de production d’éthanol est confiée au centre technique de ce secteur.

Les utilisations de l’éthanol dans le secteur industriel sont documentées à partir de l’exploitation des bases de données SEPIA et COLCHIC de l’INRS ainsi qu’à travers l’audition des syndicats et fédérations professionnels de la chimie, de la parachimie ou de la cosmétique.

L’étude des utilisations dans la population générale repose également sur les résultats de l’extraction de la Banque Nationale des Produits et Compositions ainsi que sur une étude de consommation des produits grands publics, confiée à un prestataire.

 déterminer les niveaux d’exposition dans les deux types de population

Les niveaux d’exposition professionnelle à l’éthanol sont collectés en effectuant des recherches bibliographiques dans la littérature, des recensements des niveaux d’exposition observés dans les entreprises et par une extraction des données contenues dans la base COLCHIC.

Les expositions de la population générale devront être estimées par le groupe de travail, sur la base des connaissances acquises sur les produits et leurs modes d’utilisation et à partir de scénarios probables d’exposition. C’est dans ce sens que l’AFSSAPS conduit son évaluation des risques de l’éthanol dans les produits cosmétiques, qui alimentera les travaux de l’Afsset.

 évaluer les risques pour la santé dans les situations étudiées

L’évaluation des risques consistera à mettre en regard les niveaux d’exposition constatés et les niveaux d’exposition susceptibles de conduire à des effets sanitaires potentiels de l’éthanol.

 envisager des mesures de réduction des risques (dont la substitution) en fonction des usages

Les mesures de réduction des risques, y compris la possibilité de substitution de l’éthanol, font l’objet d’un recueil des pratiques et des expériences auprès des professionnels.





Focus
28/09/2009
La prévention du risque chimique sur les lieux de travail se fonde prioritairement sur le principe de la substitution (remplacement d’un produit dangereux par un produit non ou moins nocif) ou à défaut, de la réduction des concentrations des polluants aux niveaux les plus faibles possibles.
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