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Saisie fin 2004 dans le cadre de la prévention des risques de légionelloses, une maladie pulmonaire transmise par des bactéries, l’Afsse a été sollicitée pour rendre un avis sur les niveaux d’intervention et sur la stratégie de prévention, de surveillance et d’action mise en œuvre par EDF, ainsi qu’une estimation de l’exposition des populations autour de CNPE et l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux des rejets aqueux et gazeux. |
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Résumé de la demande :
Saisine DGS, DPPR et DGSNR en date du 15 novembre 2004. A la lecture et analyse de la saisine et de documents joints à celle-ci ont conduit les experts à organiser leur travail d’expertise du selon trois principaux objectifs :
déterminer si le dossier de démonstration de l’exploitant visant à justifier des seuils d’intervention en Legionella spp spécifiques pour leurs TAR CNPE était recevable. Cette démonstration s’appuyait sur la comparaison des concentrations en Legionella spp au sol générées par la dispersion atmosphérique du panache des TAR CNPE et des TAR ICPE, estimées à l’aide d’outils de modélisation. EDF consolidait sa démonstration avec des études d’exposition professionnelle ;
établir si la démarche de surveillance des installations d’EDF relative à la maîtrise des niveaux de Legionella spp dans l’air autour de ses installations était pertinente;
examiner la pertinence des traitements pour maîtriser les niveaux d’abondance de Legionella spp et l’impact environnemental de ces traitements.
L’objectif final de cette expertise était d’aider les directions émettrices de la saisine à confirmer ou infirmer les seuils actuellement recommandés pour les TAR CNPE
Généralités & élements de contexte :
Le parc des centrales nucléaires d’EDF comporte 19 centres nucléaires de production d’électricité (CNPE). Parmi eux 11 CNPE sont équipés de tours aéroréfrigérantes (TAR) soumises à la réglementation des INB. Ces 11 sites comportent au total 32 TAR, dont 28 TAR CNPE alimentées avec de l’eau de rivière et soumises aux recommandations de la DGSNR relatives au risque Legionella des TAR INB.
D’après ces recommandations, EDF doit mettre en place des mesures de prévention adaptées afin de maintenir la concentration en Legionella spp en dessous de 5.106 UFC/l dans l’eau des circuits de refroidissement de toutes les TAR CNPE à l’exception de celles de Chinon, pour lesquelles la concentration en Legionella spp demandée est de 5.105 UFC/l.
Ces recommandations se déclinent aussi en terme de fréquence d’analyse. La périodicité des mesures pour les INB est : mensuelle si la concentration en Legionella spp est inférieure à 104 UFC/l ; toutes les deux semaines si la concentration en Legionella spp est comprise entre 104 et 105 UFC/l (inférieure à 104 UFC/l pour Chinon) ; hebdomadaire si la concentration en Legionella spp est supérieure à 105 UFC/l (supérieure à 104 UFC/l pour Chinon).
Le contrôle des niveaux de Legionella est réalisé sur des échantillons provenant du bassin froid, à l’aide de la méthode normalisée de dénombrement de Legionella par culture sur milieu gélosé (NF T90-431) et à la fréquence recommandée par la DGSNR ;
Les rejets d’effluents liquides et gazeux ainsi que les prélèvements d’eau de ce circuit sont soumis à une autorisation délivrée au niveau ministériel tel qu’indiqué par le décret n° 95-540 du 4 mai 1995 relatif aux INB
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Il est à noter que la présence et la prolifération des Legionella spp dans les TAR CNPE d’EDF sont principalement liées aux choix technologiques :
d’utiliser un système de refroidissement par dispersion d’eau dans un flux d’air
d’alimenter le système avec une eau de surface
de faire re-circuler l’eau plusieurs fois afin de réduire le volume d’eau prélevé dans la rivière.
La démarche de démonstration d’EDF concernant les seuils d’action actuellement préconisés a pour objectif de prouver que :
le seuil de 5 106 UFC/l de Legionella spp comme seuil de gestion de ses TAR CNPE, et de 5 105 UFC/l de Legionella spp pour les TAR CNPE de Chinon. Pour atteindre cet objectif, EDF s’appuie sur la comparaison des concentrations en Legionella au sol générées par la dispersion atmosphérique du panache des TAR CNPE et des TAR ICPE. Ces concentrations sont estimées à l’aide d’outils de modélisation.
Bien que la saisine ne demande pas d’examiner l’exposition ou le risque pour les travailleurs, une étude intitulée : « Comparaison de la séroprévalence des anticorps dirigés contre Legionella pneumophila chez les travailleurs exposés ou non aux panaches des aéroréfrigérants de centrales nucléaires », réalisée à l’initiative d’EDF, a fait l’objet d’un examen par les experts du groupe de travail.

Afin d’instruire cette saisine dans le cadre de l’expertise collective, un groupe de travail ad-hoc intitulé « Legionella – CNPE », a été installé le 4 février 2005, sous la présidence de Monsieur Bernard Tribollet (CNRS - Université Paris 6). Le groupe de travail a été rattaché au Comité d’Experts Spécialisés « Evaluation des risques liés aux milieux aériens » lors de son installation le 10 juin 2005.
Les différentes questions identifiées par les experts sont soumises à l’ensemble du groupe et discutées en séance plénière du groupe de travail. Cette méthode permet d’assurer la pluralité des points de vue et d’identifier les points nécessitant un examen plus approfondi. Chaque membre a été sollicité sur son domaine de compétence et a participé à la rédaction des parties s’y rapportant. Toutes les contributions, internes ou externes au groupe, ont été présentées en séance plénière puis validées par les membres du groupe de travail. Au cours de la phase de rédaction, il a été demandé à tous les experts de lire l’intégralité des versions successives du rapport.
Depuis l’installation du groupe de travail, les experts ont procédé à l’examen critique d’une trentaine de documents confidentiels fournis par EDF de février à juin 2005, représentant plus de 1000 pages et ont auditionné des représentants de l’exploitant à trois occasions. Les experts ont apprécié la visite d’un site CNPE qui leur a permis de mieux interpréter les données et les conclusions d’EDF.
En outre, les experts ont utilisé les données scientifiques et techniques récentes, sur la problématique Legionella, la réglementation en vigueur tant en France que dans les pays de niveau de développement économique comparable à celui de la France et les informations recueillies lors des auditions de plusieurs experts scientifiques institutionnels et industriels.
Parmi ces derniers, quelques exploitants d’installations similaires ou fournisseurs de technologies pour les TAR de grande dimension ont été consultés. Il est à souligner ici que, bien que sollicité à plusieurs reprises, le fabricant de dévésiculeurs de TAR ICPE et des TAR CNPE d’EDF ne s’est pas présenté à l’audition.
Le groupe d’expertise collective s’est réuni en séance plénière 14 fois entre février 2005 et mars 2006 et a participé à plusieurs conférences téléphoniques. Les travaux du groupe d’expertise ont été rapportés par Bernard Tribollet, président du groupe de travail et par Laurence Mathieu, rapporteur devant le CES « milieux aériens » de l’Agence et ont été débattus lors de ses séances d’octobre et de décembre 2005.
Pendant l’année 2005, le groupe d’experts a travaillé principalement sur les deux premières (diffusion de Legionella par les panaches et pertinence de plans de surveillance mis en place par EDF).
Ces travaux ont fait l’objet d’un rapport confidentiel qui a été mis à la disposition des experts du CES risques des milieux aériens en décembre 2005. Le CES a adopté ces travaux et émis son avis en mars 2006.
L’avis de l’agence sera publié en juin 2006 accompagné de l’avis du CES risques des milieux aériens et d’un document de synthèse et conclusion, préparé par le groupe de travail.
En savoir plus :
Evaluation des risques sanitaires liés aux proliférations de Legionella dans l’eau des tours aéroréfrigérantes des centres nucléaires de production électrique d’EDF : 2ème phase d'analyse (octobre 2007 - 4,30 Mo) 
Evaluation des risques sanitaires liés aux proliférations de Legionella dans l’eau des tours aéroréfrigérantes des centres nucléaires de production électrique d’EDF : 1ère phase d'analyse (février 2006 - 1,07 Mo) 
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